jeudi 21 septembre 2023

Comment créer une culture favorisant le BIG DATA en Tunisie ?

Qu’est-ce que le big data ? Les termes signifient « mégadonnées », c’est-à-dire données massives ou un ensemble très volumineux de données qu’aucun outil classique de gestion de base de données ou de gestion de l’information ne peut vraiment réunir.

On procrée environ 2,5 trillions d’octets de données tous les jours. Ce sont les informations provenant de partout : messages envoyés, vidéos publiées, informations climatiques, signaux GPS et transactions d’achats en ligne enregistrées entre autres.

Cette tendance est observée dans la plupart des pays qui poursuivent une marche sur la voie du développement. Mais en Tunisie, l’on avance encore cahin-caha.

Comment donc mettre en place une culture du big data en Tunisie pour un meilleur essor ?

Maîtriser le big data, c’est être en mesure de créer, de lire et d’analyser des données, puis de communiquer ces informations et de les utiliser de façon efficace. Pour ce faire, les utilisateurs doivent comprendre comment les données sont collectées, d’où elles proviennent, ce qu’elles montrent, comment elles peuvent être utilisées et pourquoi elles sont importantes.

Or, en Tunisie, 74% des employés déclarent se sentir dépassés lorsqu’ils travaillent avec des données, selon une récente étude. Les employés ne sont pas les seuls à ressentir cela selon la même étude qui estime que 67% des dirigeants d’entreprises déclarent ne pas être à l’aise quand il s’agit  d’accéder aux données ou les utiliser.

L’impératif d’une formation continue

Pour introduire et asseoir comme il se doit une culture du big data dans son entreprise, on doit faire bénéficier ses employés de formations continues. Puis, il faut mettre en place des formations pour augmenter les compétences. A travers ces formations, les employés devront faire progresser des compétences professionnelles spécifiques.

On peut également solliciter des écoles spécialisées pour former les équipe à être des as de la Data. Car dans le domaine de l’usage, « il satisfait une nécessité de travailler la donnée plus profondément, pour créer de la valeur, conjointement à des aptitudes technologiques qui n’existaient pas dans le passé », d’après les experts. 

S’inspirer des autres

Compte tenu des évolutions et des bouleversements majeurs secouant le monde, l’utilisation des données sert à analyser pour ainsi apporter un changement majeur de stratégie.

À titre d’exemples, « Starbucks applique l’IA aux données des applications mobiles pour optimiser les suggestions de nouvelles boissons aux clients. Netflix utilise ses vastes ensembles de données non seulement pour personnaliser le contenu de la plateforme, mais également pour aider à créer un contenu convaincant. PepsiCo utilise des visualisations de données pour prendre des décisions de vente à fort enjeu ». On a, au demeurant, tout à gagner à s’inspirer des expériences les plus réussies dans le monde. La maîtrise des données est devenue importante, pour presque tout le monde. Les entreprises tunisiennes ont besoin de plus de compétences pour interpréter les données, en tirer des conclusions et tracer leurs plans d’action en vue d’atteindre une évolution considérable.

Une convergence à n’en pas finir

Le Big Data et l’intelligence artificielle (IA) sont deux technologies tellement convergentes que l’on peut parler d’une Big Data Intelligence. Si L’IA est aujourd’hui omniprésente dans les entreprises de toutes les industries, le besoin en matière de gestion du Big Data est un critère qui dirige la tendance du nouveau monde.

Aujourd’hui et ici, en l’an 2023, qui dit intelligence artificielle (IA) dit une science informatique qui permet aux systèmes d’apprendre et d’exécuter des tâches ordinairement associées à l’intelligence humaine. On en cite reconnaissance vocale, prise de décisions et perception visuelle. De par le monde, 83% des entreprises interrogées placent l’intelligence artificielle et le big data comme une priorité stratégique et 75 % déclarent que le big data et l’IA sont la clé pour identifier de nouveaux clients et de nouvelles entreprises.

D’après les experts et les spécialistes les plus avérés, «de la détection des fraudes aux méthodes d’embauche efficaces, en passant par la prévision de la maintenance des machines, le big data et l’intelligence artificielle sont aujourd’hui devenus un facteur d’innovation dans le monde du travail et ses applications quotidiennes».

Or, en Tunisie, tout comme dans le reste des domaines du vécu, l’on continue cette assassine marche à reculons qui ne fait que freiner toute marche sur la voie du développement.

Chez nous, nous qui sommes égarés dans un monde qui va à mille à l’heure, on ne peut toujours pas parler de big data et d’intelligence artificielle et les efforts des institutions universitaires depuis 2010 en matière d’IA semblent être restés lettre morte. Les publications scientifiques passant d’une dizaine à une centaine de publications par institution (Universités de Sfax, Tunis, Sousse, Monastir et Carthage), en l’espace de 10 ans, n’ont fait bouger que modestement les choses sur le plan pratique.

Pis encore — et c’est le comble de la bêtise humaine —, notre pays dispose de l’un des écosystèmes de startup IA des plus actifs en Afrique, et des plus intéressants dans sa diversité et son approche. Plusieurs startups tunisiennes spécialisées en big data et en intelligence artificielle, lancées ces dernières années, ont excellé sur les plans national, continental et international.

En novembre dernier, le leader BioNTech européen a, en effet, annoncé une collaboration stratégique avec la startup tunisienne «InstaDeep» avec l’intention de former un laboratoire d’innovation en big data intelligence pour développer de nouvelles immunothérapies basées sur la plateforme technologique «DeepChain d’InstaDeep». Une preuve, entre autres, des performances tunisiennes en la matière.

Sauf que les lois protectionnistes mises en place pour la protection d’une oligarchie, dont le fonctionnement est régi par une assassine économie de rente, qui peine à accompagner les changements radicaux que le monde est en train de connaître, sur divers plans.

Le comble de la bêtise humaine : enseigner, mener et financer des recherches sur ce qu’on ne saura pas mettre en pratique pour en tirer profit par la suite. Chez nous, le monde est à l’envers et la marche à reculons se poursuit.

Qui sont les leaders aujourd’hui et quelle marche pour la Tunisie ?

Force est de constater que la data offre autour d’elle une panoplie de métiers et de business et qu’elle reste un créneau à exploiter par la Tunisie, afin de hisser le pays au rang de site attractif.

Les maîtres de l’intelligence artificielle se sont déjà positionnés rapidement dans plusieurs et divers secteurs. Dans le secteur IT, on peut citer les fournisseurs historiques de solutions IT comme Oracle, HP, SAP ou encore IBM. Pour ce qui est des acteurs du Web, les leaders ne sont autres que Google, Facebook, ou Twitter. S’agissant des spécialistes des solutions Data et Big Data, on peut citer MapR, Teradata, EMC ou Hortonworks. CapGemini, Sopra, Accenture ou Atos. Ce sont des intégrateurs, toujours des acteurs principaux dans les méga données. Dans le secteur de l’analytique, comme éditeurs BI, on peut citer SAS, Micro-strategy et Qliktech. Cette filière comporte aussi des fournisseurs spécialisés dans l’analytique comme Datameer ou Zettaset. En parallèle à ces principaux participants, de nombreuses PME spécialisées dans le Big Data sont apparues, sur toute la chaîne de valeur du secteur. En France, par exemple, les pionniers ont été Hurence et Dataiku pour les équipements et logiciels de Big Data ; Criteo, Squid, Captain Dash et Tiny Clues pour l’analyse de données et Ysance pour le conseil.

Quel plan d’action en Tunisie ?

Force est de constater que la data offre autour d’elle une panoplie de métiers et de business et qu’elle reste un créneau à exploiter par la Tunisie, afin de hisser le pays au rang de site attractif, selon l’ancien ministre Mohamed Fadhel Kraiem.

Intervenant au cours d’un webinaire intitulé : « La Data en Tunisie : Exploitez vos données comme un trésor », organisé par la Chambre Tuniso-Française de Commerce et d’Industrie (CTFCI), Kraiem a affirmé que la Tunisie doit s’investir dans les métiers data de demain qui peuvent avoir une très haute valeur ajoutée grâce aux jeunes.

Dans ce sens, Il a insisté sur l’importance de garantir une cohérence entre l’Université et le marché d’emploi, ajoutant qu’il y a un travail de coordination à faire.

Hausse vertigineuse de la demande

Pour sa part, Ahmed Ismail Azzabi, Fondateur de Digitalize Training a fait remarquer que la demande des profils big data sur le marché d’emploi est devenue de plus en plus croissante. Une étude réalisée en 2014 a estimé que la demande atteindrait 130 mille profiles data pour l’année 2020, mais le chiffre a dépassé les prévisions, atteignant 180 mille profils, a-t-il détaillé.

Il importe, de même, d’ajouter que 54% des entreprises françaises estiment que le plus grand frein pour le développement du big data est la pénurie des compétences.

Il a rappelé, par ailleurs, que la population numérique a atteint, en juillet 2021, 4,66 milliards d’utilisateurs, soit 60% de la population mondiale, avec des chiffres générés par chaque utilisateur de l’ordre de 1,7 mégaoctet par seconde, soit 684 millions de Téra de données pour la population numérique mondiale.

Le chiffre d’affaires généré par le big data est estimé à 210 milliards de dollars et les internautes dépensent un million de dollar par minute en termes d’achat sur internet”, a-t-il précisé ajoutant que les secteurs qui bénéficient plus du big data en Europe sont notamment l’industrie, le finance et la vente en détail”, a avancé Azzabi.

Ces chiffres sont à méditer, bien évidemment !

Ecrit par : AF

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