lundi 5 décembre 2022

Démocratiser l’accès au savoir

La pire des inégalités sociales n’est autre que l’inégalité d’accès au savoir, en conviennent sociologues et spécialistes chevronnés du développement humain.

En Tunisie, cette inégalité se veut encore plus criarde, dès lors que l’accès aux plateformes d’e-learning n’est toujours pas garanti dans les quartiers pauvres et les régions enclavées et éloignées.
D’ailleurs, le pays est couvert à raison de 50% s’agissant de connexion fixe, selon l’Institut national des statistiques (INS).
Cet état de fait freine et limite l’accès à Internet et, par ricochet, à l’e -learning à une aire géographique bien déterminée.

Entre paresse et aliénation

Sur un autre plan, dire que le nombre d’apprenants inscrits à l’Université virtuelle de Tunis n’a pas encore franchi le seuil de 1000 inscrits en master et en licence, c’est réaliser l’ampleur du retard accusé quant à l’économie du savoir.
Quand on apprend que l’industrie de l’e-learning existe depuis près de deux décades, que la demande d’apprentissage en ligne a atteint, dans d’autres contrées, une croissance de 400 % au cours des deux dernières années, que 90 % des entreprises se servent de logiciels d’apprentissage en ligne pour dispenser des formations, on ne peut que s’alarmer en Tunisie, d’autant plus que la taille du marché mondial de l’éducation numérique passera de 11,5 milliards USD en 2021 à 46,7 milliards USD d’ici 2026, soit un taux de croissance annuel de 32,3 % au cours de la période de prévision.

Penser le présent et l’avenir

La technologie continue de progresser à un rythme rapide, y compris l’apprentissage en ligne, qui s’adapte constamment aux demandes du marché. Fini le temps des formations rigides avec des horaires serrés et des déplacements inutiles. Si on ne fait que commencer son parcours e-learning, on risque de rencontrer diverses difficultés en naviguant à vue. Car il y a de plus en plus de champs spécialisés. On en cite l’apprentissage en ligne fixe qui est une des anciennes versions de l’apprentissage en ligne. Il fait référence à un processus d’apprentissage qui utilise une structure traditionnelle de transmission d’informations aux étudiants.

  • L’apprentissage en ligne adaptatif, lui, a pour atout majeur la flexibilité. Ici, tous les supports d’apprentissage sont conçus pour s’adapter aux préférences d’apprentissage.
  • L’apprentissage en ligne asynchrone permet aux étudiants de prendre leurs cours indépendamment à partir de différents endroits. Ici, les apprenants peuvent étudier à leur rythme, en fonction de leur emploi du temps.
  • L’apprentissage en ligne interactif permet aux enseignants et aux étudiants de communiquer librement et d’apporter des modifications aux supports d’apprentissage comme bon leur semble.
  • L’apprentissage en ligne individuel concerne les étudiants qui veulent apprendre par eux-mêmes, sans aucune communication entre pairs.
  • L’apprentissage en ligne collaboration concentre, en revanche, sur le travail d’équipe, permettant aux étudiants de travailler ensemble. Le matériel et les objectifs d’apprentissage dépendent ainsi des efforts combinés de tous les étudiants pour terminer le cours.

En Tunisie, que nenni !

Les 20 dernières années, le marché de l’e-learning a enregistré une croissance de 900%. Alors qu’en Tunisie, que nenni !
Toujours est-il que l’e-learning aide à réduire la consommation d’énergie de 90 %.Cet avantage, l’Europe et les États-Unis l’ont très tôt compris et représentent désormais collectivement 70 % du marché mondial de l’e-learning.
De jour en jour, une grande partie des continents asiatique, américain et africain se réveille pour procéder à l’instar des nations les plus développées.
En Tunisie, l’on continue à se regarder en chiens de faïence. On n’échappera point aux jugements sévères de l’histoire.

Se réveiller ou périr

Dans ce pays pris à la gorge, aux ressources limitées et où tout est à reculons, on n’a pas d’autre choix que de miser sur la matière grise.
Des décennies durant, c’était une politique d’État. On a réussi à relever bien des défis : fonder une nation lettrée et instruite, une société régie par des valeurs et une économie pour le moins prospère.
Aujourd’hui que le monde subit des bouleversements majeurs, que la concurrence entre les nations est de plus en plus rude, la décision n’a jamais été aussi pressante: ou se réveiller ou périr.
On a renoncé à nos fondamentaux, notamment le savoir pour se faire une place dans l’ascenseur social, et l’on s’est enfoncé.
Morale de l’histoire : se ruine celui qui stagne.

Ecrit par : Abou Farah






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